Pathologies et soins

L’épisode dépressif

On parle d’un épisode dépressif (majeur, modéré) lorsqu’il est isolé, lorsqu’il y a plusieurs épisodes on parlera de trouble dépressif, à ce moment-là, la dépression s’installe et se chronicise. Dans ces cas là elle entraîne une très grande souffrance qui va altérer le fonctionnement normal de la personne.

L’épisode dépressif se caractérise soit par une humeur triste, une irritabilité ou une anesthésie affective (on ne ressent rien) pendant au moins deux semaines de façon continue. Une diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir pour la plupart des activités et cela la plus grande partie de la journée et tous les jours.

Il peut y avoir une perte ou une augmentation de l’appétit et une perte ou une augmentation du poids significative. Une insomnie ou une hypersomnie (dormir beaucoup sans pour autant avoir la sensation d’être reposé) tous les jours.

Agitation ou ralentissement psychomoteur presque tous les jours. (J’ai plus souvent vu des patients dépressifs très largement ralentis plutôt qu’agités, mais c’est possible également.)

Une fatigue et une perte d’énergie pratiquement tous les jours. Chez certains patients, se lever du lit le matin devient la pire des corvées par exemple. L’impression d’avoir un corps lourd comme du plomb.

Un sentiment de dévalorisation et de culpabilité, excessif. L’estime de soi chez les personnes dépressives, est très basse, on retrouve chez ses patients des pensées comme « je suis nul », « je ne vaux rien », « je ne réussis jamais rien », « personne ne m’aime ». C’est un des axes à travailler en psychothérapie.

Il y a également ce que l’on appelle des distorsions cognitives : ce sont des erreurs d’interprétation que l’on fait même parfois sans être dépressif lorsque l’on traite une information. Ces erreurs d’interprétation favorisent et entretiennent une mauvaise estime de soi, des pensées et des émotions négatives.

Il y a une diminution de la capacité à penser ou à se concentrer. (Lire un livre est souvent difficile lorsque l’on est dépressif.) Une indécision tous les jours.

Enfin, dans certains cas, lorsque la dépression est très importante, il y a des pensées de mort, récurrentes avec ou sans plan précis de suicide et des tentatives de suicide. Chaque année, près de 800 000 personnes meurent par suicide. Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans (Source : OMS, 2018).

Ce sont les critères principaux afin de diagnostiquer un épisode dépressif. (Attention même si le psychologue est tout à fait capable de repérer un épisode dépressif chez son patient, le diagnostic est un acte médical). La dépression peut être isolée suite à un évènement particulier, on parlera plus de dépression réactionnelle.  Pour retenir assez facilement ce qu’est un état dépressif, il y a la triade de BECK : une vision pessimiste de soi, une vision pessimiste du monde et une vision pessimiste de l’avenir.

Beck's_CognitiveTriad

Les principaux traitements pharmacologiques utilisés sont les antidépresseurs (qui mettent quelques semaines à agir). Les études montrent qu’un traitement pharmacologique + une psychothérapie est ce qu’il y a de plus efficace pour le traitement de la dépression. Les psychothérapies qui ont démontrées leurs efficacités sont les thérapies comportementales et cognitives (TCC). Le thérapeute travaille autour des cognitions (pensées), des comportements et des émotions ; le tout dans une relation de collaboration afin de rendre le patient actif dans sa prise en charge. Bien sûr en fonction du patient et de son envie d’autres types de psychothérapies sont également indiquées (Psychanalytique, familiale etc…).

Pour en savoir plus  :

  • La dépression. Pascal-Henri Keller. Collection Que sais- je ?
  • La dépression comment s’en sortir ? Christine Mirabel Sarron. (Guide pour s’aider soi-même).
  • Imparfaits, libres et heureux: Pratiques de l’estime de soi. Christophe André.
  • Dépression et tentatives de suicide à l’adolescence. Daniel Marcelli.
  • 100 questions réponses sur la dépression. Louis Bindler et Stéphane Mouchabak

3 réflexions au sujet de “L’épisode dépressif”

    1. Dans la thérapie cognitive, on va se centrer sur les pensées négatives. On utilise plusieurs techniques notamment une qui s’appelle la restructuration cognitive, on va d’abord identifier les pensées automatiques, déconstruire ces pensées une par une avec le patient, lui montrer que ces pensées sont vues à travers le filtre de la dépression, lors d’un entretien clinique, puis progressivement on va travailler des pensées alternatives, plus positives. ça c’est le travail sur les cognitions, ensuite il y a le travail sur les émotions (les identifier, s’autoriser à les ressentir, les comprendre pour mieux les gérer) puis un travail comportemental qui va rendre actif le patient dans sa prise en charge, se faire des petits objectifs réalisables chaque jour (se lever de son lit, s’habiller etc..) en fonction du niveau de dépression de la personne. Puis bien sûr on ne lésine par sur le renforcement positif pour chaque chose qu’il va accomplir pour le revaloriser 🙂

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