Pathologies et soins

Le trouble de la personnalité histrionique

Le trouble de la personnalité histrionique (TPH), qu’auparavant nous appelions « trouble de la personnalité hystérique »  se manifeste principalement par une quête d’attention permanente. Si les personnes qui souffrent de TPH ne sont pas le centre d’attention, ils vont se déprimer. La prévalence de personnes souffrent de TPH est d’environ 2% de la population générale ; les études cliniques tendent à démontrer qu’il y aurait plus de femmes touchées, mais ces données sont obtenues en milieu clinique et ne reflètent peut être pas la réalité. Certaines études pensent qu’il y aurait autant de femmes que d’hommes qui souffrent de TPH. Comme toujours les manifestations peuvent être différentes d’une personne à une autre.

La personne qui souffre de TPH va manifester plusieurs comportements qui vont lui permettre d’acquérir cette attention au quotidien :

Dans les interactions avec les autres, la personne qui souffre de TPH va être dans la séduction ; il y a un désir de plaire à l’autre, d’avoir toute son attention. Dans certains cas cela peut même aller jusqu’à des provocations sexuelles qui ne sont pas adaptées à la situation. L’apparence physique est un outil qui permet de capter l’attention. Cela peut passer par des tenues extravagantes dans des situations qui ne sont pas appropriées ou par des préoccupations corporelles assez importantes. Son comportement parait exubérant pour son entourage, c’est une personne qui peut parler très fort afin que toutes les personnes présentes dans la pièce, soient conscientes de sa présence, par exemple.

Lorsqu’elle s’exprime, la personne qui souffre de TPH peut avoir un discours qui se veut impressionnant, le besoin de plaire, d’être valorisée et de capter l’attention est tel, que cela peut aller jusqu’à fabuler sur certains exploits ou situations du quotidien que la personne aurait vécu, le tout dans un discours qui reste très vague.

Tout ceci est accompagné d’un comportement très théâtral, une mise en scène pour exprimer ses émotions qui sont débordantes et labiles. En clinique ce comportement est facilement repérable, c’est d’ailleurs un des signes qui peut nous mettre la puce à l’oreille sur le fonctionnement de la personne. Dans ces moments-là, la personne qui souffre de TPH parait peu authentique dans l’expression de ses émotions (qui sont pourtant bien réelles !).

Tout peut sembler exagéré. La personne qui souffre de TPH entretien des relations qui paraissent superficielles aux yeux des autres, mais elle va les interpréter de manière erronée, c’est-à-dire comme étant plus intimes qu’elles ne le sont en réalité.

La difficulté que peut poser ce trouble de la personnalité, c’est que parfois, l’entourage ou certains soignants, peuvent passer à côté de la véritable souffrance qui se cache derrière cette excentricité. La personne qui souffre de TPH peut apparaître alors comme quelqu’un de « collant » pour son entourage. Car si la personne à ce besoin presque compulsif d’être le centre d’attention et d’être valorisée, c’est que si elle ne l’est pas, elle en souffre et peut se déprimer de manière assez grave. Elle se rend alors très vulnérable auprès des autres et peut parfois se mettre dans des situations à risque. De plus, une personne qui souffre de TPH peut être très suggestible et se laisser influencer par autrui ou par les tendances du moment. Elles peuvent très facilement faire confiance et peuvent se retrouver dans des situations compliquées si elles sont en présence de personnes avec de mauvaises intentions.

Une personne qui souffre de TPH ne va pas se rendre compte qu’elle peut embarrasser son entourage, son mode d’expression est une représentation théâtrale permanente. Et pourtant, caché derrière cette excentricité il y a une véritable souffrance, un manque de confiance en soi et une peur panique du rejet, une angoisse de ne pas être aimé. C’est pourquoi il est important de ne pas juger trop vite quelqu’un et de lui accorder le bénéfice du doute. Rappelons-le, un trouble de la personnalité est un fonctionnement pathologique qui peut devenir très invalidant dans le quotidien de la personne qui en souffre. Chaque personne peut avoir des traits de personnalité appartenant à telles ou telles personnalités mais pour qu’un trouble de la personnalité soit avéré il doit répondre à certains critères, notamment celui qui empêche la personne de bien fonctionner dans les sphères sociales et professionnelles.

Petit rappel qui n’est pas négligeable : Un trouble de la personnalité n’est généralement pas diagnostiqué avant 18 ans. Durant l’adolescence, la personnalité est en pleine transformation, il est donc parfois difficile de faire le diagnostic différentiel entre le processus adolescent et un trouble de la personnalité. Si le comportement pathologique s’inscrit dans la personnalité du jeune à l’âge adulte, c’est à ce moment-là qu’il pourra être diagnostiqué par un médecin ou pas une évaluation psychologique de la personnalité.

Prise en charge

La psychothérapie semble ce qu’il y a de plus adapté pour prendre en charge ce trouble de la personnalité. Un traitement peut être envisagé si les émotions deviennent hors de contrôle.

Les TCC peuvent être utiles pour la restructuration cognitive : Voici un exemple des pensées conscientes ou non qui peuvent survenir chez la personne qui souffre de TPH (exemple issu du livre « Je résiste aux personnalités toxiques » de Christophe André).

« Je n’existe que si l’on me regarde et si on me désire »

« Je suis nul(le), faible, moche, sans valeur »

« On ne peut pas m’aimer si on ne connait vraiment »

« Si je laisse les autres trop s’approcher, ils réaliseront que je ne vaux rien ».

Une psychothérapie centrée sur la gestion des émotions et peut être indiquée. Mais également une psychothérapie d’orientation psychodynamique. La personne qui souffre de TPH à besoin d’être rassurée sur sa valeur en tant que personne, l’entourage peut jouer un rôle dans ce travail en étant présent et en ne validant pas les situations théâtrales.

J’espère que ce petit topo sur la personnalité histrionique vous aura permis de mieux comprendre comment ces personnes peuvent fonctionner !

Dessin réalisé par Muzo (Je résiste aux personnalités toxiques et autres casses-pieds)

Références bibliographiques

  • Je résiste aux personnalités toxiques et autres casse-pieds  de Christophe André et Muzo.
  • Comment gérer les personnalités difficiles de Christophe André
  • Je réinvente ma vie de Jeffrey Young
  • Les troubles de la personnalité d’Agnès Bonnet et Vincent Bréjard
  • Psychothérapies cognitives des troubles de la personnalité de Jean Cottraux et Ivy Marie Blackburn
  • La thérapie des schémas de Jeffrey Young
  • Les  Personnalités  pathologiques de Quentin Debray et D. Nollet
  • Personnalité et développement : Du normal au pathologique de Grégory Michel et Diane Purper-Ouakil

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