Mon quotidien

Mon syndrome de l’imposteur

Comme de nombreux jeunes diplômés, j’ai moi aussi vécu le syndrome de l’imposteur. Aujourd’hui cela fait deux ans que je pratique et parfois (encore), je ne me sens pas légitime dans ma pratique et cela peut me bloquer dans certaines situations.

A la fin de mon M2 j’étais à la fois heureuse de finir mon cursus et d’exercer le métier qui me passionne et en même temps, très anxieuse à l’idée de me retrouver dans le grand bain sans mes brassards. J’ai eu la chance d’avoir assez rapidement un poste de recherche à mi-temps 3 mois après mon diplôme, qui m’a permis de reprendre contact avec les patients adultes de psychiatrie. Au départ tout se passait plutôt bien, en recherche j’ai de nombreuses échelles à faire passer pour les différentes évaluations donc un véritable support qui permet de structurer les entretiens.

Puis j’ai commencé ma pratique clinique quelques mois après, auprès d’adultes en soins intensifs. Je sortais d’un stage dans une unité de soins intensifs pour ado alors cet aspect-là du travail ne m’effrayait pas et c’est ce qui a fait que l’entretien d’embauche s’est bien déroulé. SAUF qu’au moment où les deux chefs me disent que je serais très bien pour le poste : à ce moment-là, le fait qu’on me fasse confiance ; moi psychologue de 25 ans, jeune diplômée, être référente d’une unité, m’a paru irréaliste. Et c’est comme ça que ça a commencé.

Mes premiers suivis avec les patients de l’unité me paraissait vides, j’avais l’impression de ne pas les aider, de ne rien savoir faire et donc de rien pouvoir leur proposer pour aller mieux. Encore pire ! J’avais l’impression de leur dire des choses tellement évidentes que ça en devenait ridicule. Je me focalisais aussi sur le fait que les entretiens devaient à tout prix durer au moins 45 minutes comme on nous l’avait appris à la fac. Lorsque je faisais moins, je me sentais nulle et inutile car j’avais sûrement oublié d’aborder plein de choses. Lorsque je faisais mes transmissions à l’équipe, j’avais l’impression de ne pas avoir assez de jargon et de ce fait, je m’imaginais perdre en crédibilité.

Bien sûr tout ça, c’est moi qui l’interprétais de cette manière. Je l’ai remarqué aux premiers retours que j’ai eus du chef de clinique qui me remerciait pour mes transmissions et mes observations sur les patients. Suite à ça, j’en ai parlé avec une collègue psychiatre. « J’ai l’impression de ne rien leur apporter, je ne fais que reformuler ce qu’ils disent, je ne les aide pas ». Elle m’a répondu de manière très bienveillante et je pense que c’est grâce à elle que j’ai pu commencer à travailler mes contre-pensées dès que cela arrivait.

Arrivée dans l’unité pour ados et jeunes adultes, je me sentais beaucoup plus à l’aise ce qui a contribué à reprendre confiance en moi. Mais le syndrome de l’imposteur n’est jamais loin et il repointe le bout de son nez à certains moments. Je me sens parfois impuissante face à certaines prises en charge, j’intègre progressivement que l’on ne peut pas tout savoir et que se former prend du temps. Patience donc…

Mais là où le syndrome de l’imposteur me pose encore problème c’est que je ne me sens pas légitime pour postuler à des offres qui me plaisent. Vous le savez peut-être mais mon projet est de travailler avec des adolescents et des jeunes adultes à temps plein. Je recherche donc des offres auprès de cette population, mais la concurrence est rude, j’ai déjà vécu une expérience assez douloureuse cet été sur mon lieu de travail actuel, je pensais sincèrement que ça marcherait. Ça n’est pas le cas mais c’est surtout la manière dont cela a été fait qui m’a mise à mal et qui m’a fait perdre confiance en moi. J’ai depuis des difficultés à me lancer pour postuler, car je ne me sens pas capable ni légitime, car je n’ai pas « une formation analytique souhaitée » comme ça peut être demandé sur certaines fiches de poste. Avec l’aide de mes collègues et de mes proches, je me lance progressivement mais ce n’est pas automatique et j’ai conscience que des offres peuvent me passer sous le nez. Voilà où j’en suis vis-à-vis de mon syndrome de l’imposteur.

J’ai choisi d’être honnête avec vous pour que vous ne soyez pas seuls si cela vous arrive, qu’on peut s’en sortir en travaillant sur nous-même, en s’interrogeant et en parlant avec des collègues plus expérimenté(e)s.

Et vous ? Il ressemble à quoi votre syndrome de l’imposteur ?

Références

  • Vidéo de la psychologue et Blogueuse Danaë Holler sur le syndrome de l’imposteur !
  • Le syndrome de l’imposteur – Claire LE MEN

2 réflexions au sujet de “Mon syndrome de l’imposteur”

  1. Merci pour ce partage honnête et sans fard. Le bon côté des choses est que vous êtes capable de vous remettre en question, ce qui me semble essentiel pour progresser. Je trouve aussi très positif que des collègues aient su entendre vos difficultés et y répondre avec bienveillance.

    Je vous souhaite de continuer petit à petit à dépasser vos doutes, et de trouver bientôt un poste qui vous convienne!

    Aimé par 1 personne

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