Mon quotidien, Non classé

Joker

Si vous n’avez pas vu le film « JOKER » ne lisez pas l’article !

Il y a quelques semaines, je suis allée voir Joker au cinéma après avoir vu de nombreuses critiques (je l’avoue sur les différents groupes de Psy où je suis membre). Étant également une grande fan de l’univers Batman, j’avais prévu d’y aller dans tous les cas. J’y suis d’ailleurs retournée quelques semaines après tellement ce film m’a marqué.

Les premiers échos que j’ai eus étaient bien évidemment que cela abordait la maladie mentale. Je craignais que, comme c’est très souvent le cas, la maladie mentale soit traitée de manière superficielle, sensationnelle et fausse (un peu à la manière des reportages M6 sur les UMD…). Et après avoir vu ce film, je peux vous dire que ce n’est pas vraiment le cas ; il y a même quelques passages qui pourraient faire office de « phrases choc » afin de sensibiliser plus de monde sur la question du handicap psychique.

Lorsqu’on est sensibilisé à la sémiologie des troubles, cela ne peut nous échapper, le film commence et nous énumérons mentalement les signes et symptômes que nous arrivons à identifier (rires immotivés, hallucinations, bizarrerie du comportement, dépression, idées noires, défaut d’analyse du contexte, éléments traumatiques…). L’acteur nous livre une interprétation assez fine et très juste de ce qu’une personne souffrant de troubles psychologiques peut ressentir et percevoir. Un de mes patients souffrant de schizophrénie m’a d’ailleurs dit qu’il avait adoré le film car il avait trouvé son interprétation très juste et qu’aucun diagnostic n’est posé durant le film. C’est également ce que j’ai apprécié ! Car un diagnostic posé peut très vite être associé aux violences qui suivent dans le film, par des personnes qui ne connaissent pas la maladie. Hors ceux qui ont vu le film et qui connaissent un peu l’histoire du Joker savent que c’est Gotham, sa politique et certains de ses habitants qui engendre ce personnage du Joker particulièrement violent et non sa pathologie. Ce personnage qui vient se superposer à un homme fragile psychiquement.

La violence est omniprésente dans ce film à la fois une violence psychologique, une violence physique et une violence « sociétale » à l’encontre des personnes présentant une pathologique mentale. C’est ce qui m’a mis en colère quand je suis ressortie de la salle et peut être que vous aussi : c’est voir à quel point la maltraitance des personnes différentes est réelle et bien représentée dans ce film et qu’en tant que soignant, on est parfois impuissants face à ça.

Le Joker résume son histoire en une seule réplique à la fin: “What do you get when you cross a mentally ill loner with a society that abandons him and treats him like trash? You get what you fuckin’ deserve!” (Qu’est-ce que vous obtenez lorsque vous croisez un aliéné mental isolé avec une société qui l’abandonne et le traite comme une merde ? Vous obtenez ce que vous méritez !) La réponse est évidemment très extrême mais le raisonnement de départ est juste. Le joker est façonné par Gotham et la manière dont on l’a traité. On laisse une personne fragile, isolée et sans ressources, livrée à elle-même, sans possibilité de prise en charge et d’avoir un traitement alors qu’il est en demande.

https://i0.wp.com/alarencontreduseptiemeart.com/wp-content/uploads/2019/10/Joker-3.jpg?w=640&ssl=1

Mon avis ne concerne que moi et ma vision du film, si vous en avez une différente je serais ravie d’échanger. Par rapport à d’autres films qui abordent la maladie mentale, j’ai trouvé que celui-ci était plutôt fin même si évidemment il y a sûrement des choses à revoir.

Les répliques qui m’ont particulièrement touchées sont les suivantes :

 “The worst part of having a mental illness is people expect you to behave as if you don’t.” (Trad. « Le pire dans une maladie mentale, c’est que les gens s’attendent à ce que vous agissiez comme si vous n’en aviez pas ).

For my whole life, I didn’t know if I even really existed. But I do, and people are starting to notice.” (Toute ma vie, je ne savais pas si j’existais réellement. Oui, j’existe et les gens commence à le comprendre)

You don’t listen, do you? You just ask the same questions every week. « How’s you job? » « Are you having any negative thoughts? » All I have are negative thoughts.” (Vous n’écoutez rien de ce que je vous dis ? Vous posez tout le temps les mêmes questions chaque semaine « comment ça se passe au travail ? Avez-vous des idées noires ? «  Tout ce que j’ai, c’est des idées noires).

Si vous avez vu le film ? Qu’en avez vous pensé ? Quelles sont vos répliques préférées ?

En complément

Allez voir la superbe vidéo de « La psy qui parle » sur le sujet, je me retrouve beaucoup dans ces explications sur ce personnage emblématique !

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