Mon quotidien

Psychologue et Plan Blanc

Depuis presque deux ans maintenant, mon activité a du s’adapter aux différentes vagues du covid à l’hôpital. Je souhaitais aujourd’hui vous parler de mon expérience en tant que volontaire et coordinatrice plan blanc. En cas de situation sanitaire exceptionnelle et/ou une activité accrue à l’hôpital, un dispositif a été crée dans les hôpitaux publics pour mobiliser tous les soignants sur un format exceptionnel : Le plan blanc.

Le plan blanc est inscrit dans la loi depuis 2004 (d’autres mesures existaient avant). C’est un dispositif qui permet sur une période donnée, l’accueil et la prise en charge d’un afflux massif de patients ou de victimes dans les hôpitaux, dans les cas qui suivants : Accidents, catastrophe, attentat, d’une épidémie ou d’un événement climatique meurtrier et durable.

Durant ce temps, il y a des mesures spéciales qui sont mises en place et tout une organisation particulière sur quelques jours. L’une d’entre elle, est le fait d’être dégagé de son temps de travail habituel afin de s’occuper exclusivement du grand nombre de patients qui arrivent ; et cela vaut pour tous les soignants, psychologues compris. Tous les psychologues peuvent être mobilisables ; mais ils le sont encore plus s’ils sont volontaires plan blanc.

Etre volontaire plan blanc

Etre volontaire plan blanc, c’est s’engager à intervenir lors d’un évènements grave qui nécessite le déclenchement du plan blanc ; cela peut être par exemple : intervenir auprès des victimes d’attentat pour du soutien, du débriefing, prendre en charge les familles des victimes etc… Intervenir dans l’urgence et l’aigu sur place ou dans d’autres hôpitaux.

Dans le cas du covid, il s’agit surtout d’intervenir auprès des patients covid, des soignants, des familles de patients contaminés ou famille endeuillées. C’est intervenir en réanimation, dans les services covid. Durant la première vague (j’étais en arrêt maladie à cause car j’étais positive), mes collègues ont été assez dégagés de leur temps de travail pour intervenir ailleurs, mais continuaient tout de même à voir leurs patients hospitalisés et faisaient des consultations téléphoniques avec leurs patients en ambulatoire. Ils ont également organisés des maraudes de nuit dans les différents services.

La particularité du Covid, d’une pandémie ; c’est ce que ce n’est pas un événement court et intense. C’est long, c’est par vague… Depuis mars 2020, nous oscillons donc entre des périodes de « répits » où nous avons notre activité habituelle déjà bien remplie et des périodes de plan blanc, où nous ne sommes plus dégagés de nos activités habituelles et nous intervenons sur le dispositif en heures supplémentaires (seul moment où les heures supplémentaires des psychologues sont payées, je tiens à le préciser). C’est un marathon qui dure depuis presque 2 ans qui fatigue tous le monde dans le milieu hospitalier.

Le rôle de coordinateur plan blanc

En tant que coordinatrice plan blanc, je suis amenée à recevoir toutes les demandes de prises en charge de tous les autres services de l’hôpital, être en lien avec la direction sur les mesures à prendre et à organiser au niveau psychologique. J’ai avec moi depuis septembre 2020 un téléphone qui peut sonner à tout moment pour que je puisse relayer les demandes d’intervention à mes collègues volontaires (dont je fais aussi partie). Il y a parfois des périodes creuses, où je me suis retrouvée seule pour intervenir face à des proches endeuillés en réanimation. Ce n’est pas ma clinique habituelle et j’avais peur de ne pas savoir faire. Puis, cela s’est passé aussi bien que cela pouvait l’être dans ce genre de situation, finalement peu importe le service dans lequel nous sommes ; nous sommes psychologues, nous savons accueillir la parole d’une personne en détresse ; c’est donc exactement ce que j’ai fait dans la plupart des situations où je suis intervenue.

Aujourd’hui, le temps se fait long. Comme pour tout le monde, je souhaite retrouver notre vie d’avant, sans masque, sans restrictions. Mais je souhaite aussi que la vie à l’hôpital reprenne son cours et qu’on ne soit plus aussi tendu qu’on l’est actuellement. Chaque fois que l’on annonce un nouveau plan blanc, c’est de nouveau une boule au ventre, une appréhension concernant la fatigue psychique et physique que l’on va devoir supporter … malgré cela, je suis fière de pouvoir intervenir auprès des patients qui en ont besoin.

Si jamais vous travaillez à l’hôpital en tant que psychologue et que devenir volontaire plan blanc vous intéresse, n’hésitez pas à vous renseigner auprès de votre collège des psychologues. On manque toujours de volontaires et c’est une expérience très formatrice dans l’urgence, l’aigu et le trauma.

N’hésitez pas à réagir en commentaire ou à poser des questions si vous en avez.

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