Le cursus

Comment se positionner en stage de psychologie ? (partie 1)

Vous avez été nombreux à solliciter une rubrique sur le sujet. Comment se positionner en stage ? Qu’est-ce qu’on peut dire, se permettre ? Qu’est-ce que l’on peut apporter au service ? Mais aussi comment avoir assez de recul pour se questionner sur les problématiques rencontrées ?

Dans cet article, qui sera en deux parties, je parlerai davantage de la filière clinique, néanmoins certaines pistes peuvent tout à fait s’appliquer aux autres spécialités. Cet article n’a pas non plus vocation à imposer une attitude à avoir ou autre, il s’agit seulement de pistes de réflexion issues de mon expérience en tant qu’étudiante et en tant que tutrice de stage. Chaque tuteur aura des attentes propres à sa personne et à la structure d’accueil. D’ailleurs, ce sont tout à fait des questions que vous pouvez poser lors de l’entretien ou lors de votre stage dès que vous avez un doute.

Le positionnement du stagiaire et les attentes du tuteur

Suivant la structure et la personne qui vous accueillera en stage, les attentes peuvent différer. Néanmoins, certaines choses seront communes à toutes les spécialités. Tout d’abord, lorsque vous êtes stagiaire, vous êtes en position d’apprenant, voyez-vous comme un apprenti psychologue. Le but du stage est de vous faire découvrir dans un premier temps à quoi ressemble le terrain et faire du lien avec la théorie que vous avez pu voir jusqu’à maintenant. Vous allez littéralement apprendre votre futur métier, c’est à cela que servent les stages professionnalisants.

Le premier stage est davantage basé sur l’observation, mais que vous soyez en Licence ou en Master, celle-ci sera très présente quoiqu’il arrive. Le rôle du psychologue est également d’observer ce qui se passe autour de lui, ce qui se passe entre lui et le patient, ce qui se passe pour le patient lors d’un entretien, ce qui se passe pour les participants d’un groupe par exemple. Donc en observant, vous apprenez beaucoup sur la clinique, mais vous apprenez également une « technique » que vous utiliserez beaucoup lorsque vous serez diplômé.e.

Pour observer et noter ce qui vous semble important ou que vous avez peur de ne pas retenir, n’hésitez pas à prendre un petit cahier avec vous, vous pouvez demander à votre tuteur si prendre des notes est gênant ou non (suivant les situations cela peut l’être donc n’hésitez pas à poser la question).

Ce que l’on attend d’un stagiaire, c’est qu’il soit curieux du domaine qu’il découvre, qu’il pose des questions ; il n’y a pas de questions idiotes, elles sont toutes intéressantes. En tant que professionnel.e, on baigne quotidiennement dans la structure, donc cela peut arriver d’omettre des explications qui nous paraissent anodines ou habituelles, ce qui ne le sera sûrement pas pour vous, car vous êtes là pour apprendre ; vous êtes donc tout à fait légitime de poser la question même si elle vous paraît « simple » ou « évidente ».

Personnellement, je ne m’attends pas à ce que vous sachiez toute la sémiologie psychiatrique par cœur en arrivant en stage, mais que vous voyez curieux.ses et intéressé.es.

Lorsque j’étais étudiante, ce qui était important pour moi par exemple, était de rendre concret ce que j’avais appris lors de mes cours et d’avoir une image mentale réelle à associer aux concepts ou aux pathologies que je pouvais rencontrer. A quoi ressemble un patient logorrhéique ? A quoi ressemble la dissociation chez un patient ? Comment fait-on la différence entre un patient souffrant de schizophrénie et un patient souffrant de trouble bipolaire, etc. Soit je pouvais avoir la chance de l’observer et de questionner après coup ma tutrice, soit je pouvais demander à mon tuteur de me l’expliquer.

Suivant la structure et ce qui aura été convenu avec votre tuteur lors de vos stages de Master, n’hésitez pas à prendre des initiatives. Si vous co-animez un groupe ensemble, prenez la parole, rebondissez. Si vous avez une demande sur un bilan ou une autre tâche que vous aimeriez bien faire, demandez à votre tuteur si c’est possible. Vous saurez davantage ce qui vous attend si vous avez cette discussion avec votre tuteur en début de stage : « Comment ça va se dérouler ? Est-ce que je pourrais être autonome à certains moments, si oui quand ? Qu’est-ce qui est prévu et comment ? etc. ». Cela vous évitera d’être dans une attente incertaine et vous permettra de vous projeter et d’anticiper des questions ou autres.

Enfin, il y aura des moments où votre tuteur ne pourra pas toujours être avec vous. N’oublions pas qu’en tant que stagiaire, on se greffe au quotidien du tuteur et que cela lui ajoute une charge de travail en plus. A certains moments, peut-être que votre tuteur sera en réunion,  avec un patient pour lequel vous ne pourrez pas venir, ou faire des tâches administratives. Dans ces cas-là, suivant la structure, soit on vous permet de voir autre chose avec une autre personne. Soit, il vous faudra faire preuve d’autonomie. Par autonomie, je peux dire vous occuper seul : lire un livre sur la population que vous êtes en train d’étudier en stage, sur un questionnement que vous avez envie d’approfondir, ramener de quoi travailler son mémoire ou un autre type de travail universitaire… etc.

Quelques limites que je ne dois pas dépasser

Certaines choses paraîtront évidentes, mais il est toujours bon de le rappeler. Il existe encore beaucoup de mauvaises expériences et c’est une raison parfois, qui explique que certains psychologues, ne prennent plus de stagiaires.

Parler lors des entretiens lorsque vous êtes là en tant qu’observateur. Parfois, cela peut nous brûler les lèvres et on a envie de réagir ou de poser une question au patient. Prenez votre mal en patience et questionner plutôt votre tuteur après l’entretien. Cela vous permet aussi de digérer l’information et de prendre de la distance avec ce que vous venez d’entendre.

Le tutoiement des patients n’est pas adapté lorsque ceux-ci sont adultes, personnes âgées, jeunes adultes. N’hésitez pas à questionner votre tuteur sur le vouvoiement ou le tutoiement. La question peut être très intéressante à poser notamment pour des adolescents. Cependant la question ne se pose pas, a priori pour les enfants.

Garder une certaine distance avec les patients lorsque ceux-ci ont le même âge que vous. Les patients sont curieux et vont venir vous voir pour questionner votre présence, vous êtes là pour apprendre, mais les patients ne sont pas vos amis, commencer à adopter la posture que vous aurez en tant que professionnel.le, peut être un bon exercice. Il faut savoir trouver le juste milieu, on ne vous demande pas d’être froid ou de ne peux pas répondre aux questions des patients, mais de vous écouter pour savoir ce qui vous paraît adapté et pertinent de révéler et ce qui ne l’est pas.

Arriver en stage en position de toute-puissance. Eh oui, cela peut arriver… Ce n’est ni agréable pour vous ni pour votre tuteur. Notre profession nous amène à être constamment en apprentissage à différents moments de notre carrière. Donc même si vous avez l’impression de mieux connaître un sujet que votre tuteur (cela peut arriver, on ne peut pas tout savoir et tout connaître), plutôt que de le/la prendre de haut, débattez en ensemble, ayez une discussion constructive, de sorte que vous ressortiez de cette discussion en ayant appris quelque chose tous les deux. Lui/elle a l’expérience de terrain et vous la théorie toute fraîche en tête, c’est hyper complémentaire. On a toujours quelque chose à apprendre, que l’on soit étudiant.e de Licence, Master ou professionnel.le

Enfin, arriver en retard sans prévenir votre tuteur, attitude déplacée dans le service, avoir du respect pour tous les intervenants… etc, sont des choses qui paraissent basiques, mais qui peuvent encore arriver.

Vous allez être ensemble avec votre tuteur pendant une période plus ou moins longue. Pour que cela se passe au mieux, privilégiez la communication entre vous pour toute question, doute, organisation du stage, mal être… qu’il pourrait y avoir lors de votre stage.

J’espère que ces pistes auront pu éclaircir certaines choses pour vous. N’hésitez pas à réagir en commentaire. Dans la 2e partie de l’article, nous discuterons de ce que vous pouvez apporter au service et comment prendre suffisamment de recul pour se questionner.

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