Le cursus

Comment se positionner en stage ? Partie 2

Dans cette deuxième partie dédiée au positionnement en tant que stagiaire, j’aborderai la question de ce qu’un stagiaire peut apporter au lieu où il est en stage, selon le niveau et comment prendre assez de recul pour arriver à se questionner sur des situations cliniques. Encore une fois, j’écris cet article via mon point de vue de tutrice de stage et d’ancienne stagiaire, tout autre point de vue est à prendre en compte également.

Qu’est-ce que je peux apporter à la structure où je suis en stage ?

L’une des questions que l’on peut se poser en étant stagiaire est de savoir ce que l’on va pouvoir apporter à la structure d’accueil et ce, même si nous sommes là pour un stage d’observation. Elle se pose davantage, car on peut craindre de ne « servir à rien » et d’être juste là à observer. Comme nous l’avons vu dans le premier article sur le sujet, le stage d’observation est très intéressant pour que vous puissiez découvrir le terrain, il n’est pas à dénigrer bien au contraire ; l’observation en stage est la base de tout l’apprentissage que vous ferez par la suite.

Ce que j’apporte à la structure en stage de Licence : un regard neuf sur une situation, un regard extérieur, des questionnements cliniques auxquels nous n’aurions pas forcément pensé. Cela peut engendrer de nouvelles pistes thérapeutiques dont vous pourrez être témoin en tant qu’observateur durant ce stage. Cela nous permet également à nous, en tant que tuteur, de repenser les choses avant de vous les transmettre : parfois nous sommes tellement pris dans la prise en charge et notre jargon, qu’en oublie les étapes les plus simples. Les reprendre grâce à vos questionnements, est très intéressant.

Ce que j’apporte à la structure en stage de Master 1 : Durant le premier stage de master, les tuteurs (selon les structures) peuvent commencer à nous déléguer des tâches. Cela peut être aussi l’année où vous menez une recherche pour notre mémoire. Vous apportez avec vous l’expérience que vous avez grâce à vos enseignements, un autre regard clinique sur les situations ; vous pouvez également proposer des groupes thérapeutiques ou les co-animer. Parfois le psychologue n’a pas le temps pour faire une deuxième activité et les patients sont en demande : cela peut être intéressant pour vous et le service. Vous pouvez voir des patients pour votre mémoire et amener une nouvelle thématique à prendre en compte durant votre stage. Suivant les structures, vous pouvez également commencer à rencontrer des patients, seul.es ou en étant supervisé.e

Ce que j’apporte à la structure en stage de Master 2 : Durant ce stage professionnalisant vous êtes véritablement là pour apprendre votre métier. A ce moment-là et suivant la structure, vous êtes plus ou moins autonomes. Pas de panique s’il y a encore de l’observation : Lorsque j’étais en stage de soins aigus en pédopsychiatrie, il a fallu un temps d’adaptation nécessaire pour que ma tutrice puisse voir si je pouvais recevoir des patients seule et lesquels. J’ai apprécié d’avoir ce temps pour bien comprendre le fonctionnement du service avant de m’y investir : C’est d’ailleurs ce qui se passe quand on arrive sur un nouveau post en tant que professionnel.le. Votre regard clinique est toujours autant apprécié sur les situations, vos questionnements également. Votre présence est appréciée comme on apprécierait d’avoir le regard d’un collègue sur une situation (même s’il vous reste pas mal de choses à apprendre), nous sommes là pour évaluer si vous êtes apte à pratiquer dans quelques mois.

Comment prendre assez de recul pour se questionner ?

C’est une question que vous avez été nombreux à me poser. Parfois, on peut se sentir inhibé par le terrain que l’on découvre et on peut être à court de questions sur le moment. Pas d’inquiétude ! C’est aussi pour cela que les stages durent plusieurs heures, pour vous acclimater au terrain clinique et que les questions puissent venir progressivement. C’est complètement ok si vous n’avez pas de questions dès les premiers instants de stage. Ce qui sera problématique, c’est si nous sentons que vous ne vous questionnez pas du tout sur l’ensemble de votre stage et que vous ne semblez pas investi.e dans votre activité de stagiaire.

Encore une fois, je propose plusieurs pistes, mais ce n’est pas une liste exhaustive, n’hésitez pas à ajouter en commentaire ce qui vous a aidés, vous.

  • Faire le lien avec ses cours. Quand vous découvrez le terrain, presque automatiquement vous faites le lien avec la théorie. N’hésitez pas à amener vos cours qui semblent associés aux problématiques de votre lieu de stage pour faire le lien, cela vous aide à prendre de la distance avec ce que vous avez vu et peut cela peut générer des questions.
  •  Le fait d’observer des entretiens en soi peut générer des questionnements. « Pourquoi vous avez creusé cette partie ? Pourquoi vous avez posé cette question ? Est-ce qu’il y a un nom pour *ce que j’ai pu voir* ? etc.
  • Faire le lien avec des lectures, ce que vous avez vu ou entendu ailleurs que sur le terrain et en cours.
  • Digérer votre journée de stage. Encore une fois, se questionner peut prendre du temps. Ce n’est pas forcément immédiat.

Ce qui est intéressant pour vous et c’est ce que je répète beaucoup aux étudiants : Ne vous arrêtez pas à vos cours, allez au-delà en lisant, en visionnant d’autres supports si vous n’aimez pas lire. N’hésitez pas à approfondir une thématique qui vous plait, d’en savoir plus sur un sujet, peut générer plus de questions dessus, car on s’y intéresse.

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