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Schizoïde, schizotypique, schizoaffectif, schizophrénie ?

Avec toutes ces appellations qui se ressemblent, c’est difficile d’y voir clair sur ces diagnostics complexes. De plus, dans la quatrième édition révisée du DSM, on nous parlait également de plusieurs types de schizophrénie (hébéphrénie, schizophrénie paranoïde, schizophrénie dysthymique, etc…). Rappelons-le, le DSM IV-R avait une façon assez catégorielle de présenter les troubles psychiatriques. Le DSM 5 a été une sorte de révolution en soi, car il présente les choses de manière plus dimensionnelle. C’est pourquoi la plupart des professionnels ont abandonné les différentes catégories de schizophrénie pour aborder cette problématique plutôt sous forme de « spectre » en l’appelant « troubles schizophréniques » au pluriel. C’est également comme ça que nous abordons la question dans le milieu clinique.

Le trouble de la personnalité schizotypique

La personne souffrant de trouble de la personnalité schizotypique présentent des symptômes « positifs » que l’on pourrait trouver dans un trouble schizophrénique, mais de moindre intensité qui viennent s’intégrer dans le fonctionnement de la personne. Il peut y avoir des altérations cognitives et de la perception,  ainsi que des comportements qui peuvent paraître excentriques ou inhabituels. Une gêne marquée dans les situations sociales, même avec leurs proches.

Les personnes souffrant de trouble de personnalité schizotypique peuvent par exemple avoir l’impression que lorsqu’un groupe de personnes parle, ils parlent d’elles, ou peuvent avoir l’impression d’avoir un « sixième sens », ou d’autres « pensées magiques », penser qu’elles sont surveillées, etc… Ces personnes sont considérées comme étant à ultra haut risque de transition psychotique (UHR) et sont donc à prendre en charge rapidement pour améliorer le pronostic. Elles peuvent aussi bien se maintenir sur ce mode-là sans jamais décompenser. J’approfondirais ce trouble dans un article dédié à son sujet.

Le trouble de la personnalité schizoïde

Les personnes souffrant de trouble de la personnalité schizoide présentent des symptômes « négatifs » que l’on pourrait trouver dans un trouble schizophrénique mais de moindre intensité et qui viennent s’intégrer dans le fonctionnement de la personne. Ce trouble est principalement marqué par un détachement des relations sociales, un émoussement affectif important dans les relations interpersonnelles et un repli sur soi.

Ce sont des personnes qui vont avoir tendance à l’isolement pas à cause d’une gêne ressentie dans les relations sociales, mais préfèrent être seuls que d’être en interaction avec les autres. Ils peuvent éprouver un plaisir limité ou inexistant dans le fait d’appartenir à un groupe et privilégieront plutôt des activités solitaires. Ce sont des personnes qui vont avoir un monde interne et imaginaire très riche à défaut d’être en interaction avec les autres. On peut retrouver également des croyances mystiques dans leur discours. Ce sont également des personnes considérées comme étant à ultra haut risque de transition psychotique (UHR). J’approfondirais ce trouble dans un article dédié à son sujet.

Le trouble schizoaffectif

C’est un trouble qui fait partie de la famille des troubles schizophréniques. Comme pour la plupart des troubles psychiatriques, le trouble schizoaffectif apparaît souvent à la fin de l’adolescence et au début de l’âge adulte. Une personne qui souffre de trouble schizoaffectif va cumuler deux sortes de familles de symptômes :

A la fois les symptômes positifs de la schizophrénie : hallucinations, idées délirantes, désorganisation (pensée, comportement, discours), des symptômes négatifs ; mais aussi des troubles de l’humeur comme la manie, l’hypomanie ou la dépression.

Ces deux familles de symptômes sont très entremêlées. C’est-à-dire que les symptômes psychotiques du patient seront congruents (en rapport) à son humeur. Contrairement à un patient qui souffre de trouble bipolaire, une personne souffrant de trouble schizoaffectif, verra les symptômes psychotiques perdurer même si l’humeur se stabilise. Pour plus d’informations rendez-vous ici (en plus il y a de chouettes schémas pour illustrer le trouble).

La schizophrénie

La schizophrénie est un trouble psychiatrique qui se manifeste principalement par une perte du sens de la réalité. Il y a une dissociation entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas ; le patient ne peut plus savoir ce qui relève de la réalité et ce qui relève de son délire. Les personnes ayant une schizophrénie souffrent à la fois de symptômes « positifs » (en plus du fonctionnement habituel) et de symptômes « négatifs » (en moins d’un fonctionnement habituel). Cela altère complètement le fonctionnement de la personne au quotidien lorsque celle-ci n’est pas traitée. Pour plus d’informations rendez-vous ici.

J’espère que ces explications synthétiques vous éclairent déjà davantage quant à toutes ces dénominations. Certains sont des troubles décompensés d’autres des troubles de personnalités qui peuvent présenter la même nature de symptômes mais à moindre intensité. Ce sont dans tous les cas, des troubles à prendre en charge avec des traitements adaptés (médications et/ou psychothérapie) si cela vient faire souffrir la personne et à surveiller quant à une possible transition psychotique. Vous connaissiez la différence entre tous ces termes ?

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