Pathologies et soins

Le trouble de stress post-traumatique (TSPT)

Petit rappel théorique qui n’est pas négligeable concernant le trouble de stress post-traumatique. La sphère trauma est très large cliniquement, ici, je m’appuierai sur les classifications internationales en illustrant mes propos avec ce que j’ai pu observer sur le terrain.

Toutes les manifestations donc je parlerai ici concernent les adultes, les adolescents et les enfants de plus de 6 ans. En effet, l’expression des symptômes de stress post-traumatique d’un enfant de moins de 6 ans, peut être différente.

Lorsqu’on parle de trouble de stress post-traumatique chez une personne, c’est qu’elle a été exposée à un événement ou une série d’événements extrêmement menaçants ou/et terrifiants (par exemple être exposée à la mort directement, une menace de mort, une blessure grave, des violences sexuelles, etc.). Auparavant, pour « valider » ce critère, il fallait être directement impacté ou témoin de ces situations, les nouvelles classifications intègrent d’autres façons d’être exposé à un événement traumatique :

  • En apprenant qu’un proche, ami ou membre de sa famille a été victime d’un ou plusieurs événements traumatiques violents ou accidentels.
  • En étant exposé de manière répétée ou de façon extrême aux pires caractéristiques des événements traumatiques. (Par exemple certaines catégories professionnelles étant en première ligne ou non : policier, pompier, militaire, SAMU, professionnels de santé mentale, etc.)

Nous pouvons appeler cela également les traumatismes vicariants. La symptomatologie reste la même que le trouble de stress post-traumatique.

La personne souffrant de trouble de stress post-traumatique est envahi de souvenirs répétitifs qui s’imposent à elle et qui vont provoquer un très fort sentiment de détresse. Ces manifestations peuvent arriver de façon aléatoire en plein jour ou la nuit sous forme de cauchemars répétitifs sur des thématiques autour de l’événement traumatique. Le sommeil est donc lourdement impacté, ce sont donc des patients qu’il faut pouvoir sécuriser un maximum la journée et la nuit en leur rappelant que l’événement est terminé et qu’ils sont maintenant en sécurité. Il peut également y avoir des flash-back durant lesquels le patient a l’impression que cela peut se reproduire, comme s’il avait un pied dans le présent et un pied dans le passé avec toutes les sensations physiologiques et cognitions liées à la situation traumatique.

La personne souffrant de TSPT peut également ressentir une très grande détresse émotionnelle face à des déclencheurs (de tout type) qui lui rappelleront la situation traumatique. Cela peut être un geste, une odeur, un objet etc. Il va donc y avoir un évitement massif de tous ces déclencheurs afin de se protéger. Un.e de mes patient.es ne pouvait plus s’allonger dans un lit, car cela lui rappelait son agression, cette personne dormait par terre au début de sa prise en charge. L’évitement des déclencheurs concerne tout ce qui peut être en rapport avec l’événement traumatique, y compris les souvenirs, les sensations, les pensées etc. D’où parfois le besoin de « s’anesthésier » en consommant des toxiques ou de l’alcool.

Peuvent être présente des altérations de l’humeur et des cognitions (pensées, mémoire etc.) comme des difficultés à se rappeler des aspects importants des situations traumatiques, des croyances ou attentes négatives envers soi-même, les autres et le monde («Le monde est dangereux» ; «je suis une mauvaise personne» ; «Je suis détruit pour toujours»…) ; se rendre responsable de ce qui est arrivé accompagnée de sentiment de honte, culpabilité, horreur… Certains symptômes appartenant au registre dépressif comme se désintéresser des choses que l’on aimait auparavant, ressentir du plaisir ou encore ressentir un fossé entre soi et les autres socialement, des problèmes de concentration.

D’autres symptômes peuvent également être présents comme une hypervigilance, les personnes souffrant de TSPT sont sur le qui-vive en permanence de crainte que l’événement puisse se reproduire, avec des sursauts qui peuvent paraître exagérés de l’extérieur. Il peut y avoir une certaine forme d’irritabilité et de colère envers d’autres personnes qui peuvent parfois être tenues pour responsable. Enfin, et je l’observe beaucoup dans ma clinique, la présence de comportements autodestructeurs et des conduites à risque. Souvent, les patients me disent faire cela pour ressentir de nouveau quelque chose lorsqu’ils sont dissociés de leurs émotions. Des phénomènes dissociatifs peuvent faire partie également des symptômes, nous en parlions ici.

Le trouble de stress post-traumatique peut survenir parfois bien après l’événement en question. Ces symptômes doivent être présents sur une certaine durée afin de pouvoir poser un diagnostic. Attention cependant et il est bon de le rappeler, on peut souffrir de certains symptômes du à une situation traumatique pour nous, sans pour autant cocher les critères du TSPT. Chacun a sa propre sensibilité et son seuil de tolérance à la douleur, il n’y pas de hiérarchies dans les situations traumatiques vécues.

Prise en charge

Il existe maintenant plusieurs pistes thérapeutiques pour prendre en charge le trouble de stress post-traumatique. Certaines thérapies sont même recommandées par la haute autorité de santé, comme les thérapies comportementales et cognitives (TCC) et l’EMDR.

L’hypnose peut également être une piste intéressante pour les personnes qui pourraient être réceptives.

L’ICV (intégration des cycles de vie) peut être une autre piste à explorer.

Privilégiez des professionnels qui sont soient psychologues soit psychiatres pour une prise en charge pour le trouble de stress post-traumatique, car comme nous l’avons vu, la pluralité des symptômes est telle, qu’il faut une formation clinique solide. De plus, ce sont des prises en charge qui peuvent être éprouvantes émotionnellement, il faut donc quelqu’un qui soit contenant et sécurisant. Les diplômes ne garantissent pas forcément la bienveillance, j’en conviens, mais à l’inverse le fait d’être bienveillant ou altruiste ne nous donne pas le droit de nous passer de formation lorsque l’on a entre les mains la santé psychique fragilisée de quelqu’un.

Connaissiez-vous le trouble de stress post-traumatique ? Souhaitez-vous dire quelque chose à ce sujet ?

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