PsychoDico

La psychoéducation

On entend de plus en plus parler de psychoéducation dans le milieu de la santé mentale, mais sait-on réellement ce que c’est et en quoi cela consiste ?

La psychoéducation est une intervention que l’on retrouve bien souvent dans le champ des thérapies comportementales et cognitives, mais pas que !  C’est une intervention assez intégrative qui peut s’appliquer dans plusieurs champs psychothérapeutiques (EMDR par exemple). Il s’agit d’informer les patients et leurs proches sur les troubles psychiatriques dont ils souffrent et à donner des clés de compréhension et d’action pour mieux l’appréhender au quotidien. Lorsque l’on parle de psychoéducation, on se situe uniquement sur la sphère de la santé mentale.

A ne pas confondre avec l’éducation thérapeutique du patient (ETP) que l’on peut retrouver en médecine somatique principalement, notamment sur les prises en charge de pathologies chroniques comme le diabète ou toute autre problématique somatique.

Historiquement, la psychoéducation a surtout été utilisée au départ pour transmettre des informations sur les troubles schizophréniques aux proches, puis aux patients. Ensuite, la psychoéducation s’est étendue sur beaucoup d’autres problématiques, comme : le trouble bipolaire, les troubles des conduites alimentaires, les troubles anxieux et le stress post-traumatique. L’idée est de pouvoir faire du patient « un expert » dans sa propre problématique, afin de permettre une meilleure compréhension des différents symptômes et traitements, prévenir les éventuelles rechutes et autonomiser le patient dans sa prise en charge. Attention cependant, il ne s’agit pas juste de « faire un cours » sur un trouble, il y a une méthode spécifique adaptative à chaque patient et chaque problématique, en s’appuyant aussi sur les ressources du patient et de son environnement. Le but de la psychoéducation est de rendre le patient acteur dans sa prise en charge et sa santé pour aller vers le mieux.

Dans certains groupes de psychoéducation, certains patients ou proches, peuvent également intervenir apporter leur expérience du quotidien. Ce sont des groupes très riches qui mêlent les professionnels de santé et les « patients experts » ou les proches. Je vous avais par exemple parlé du groupe Profamille, qui est un groupe de psychoéducation pour les personnes ayant un proche souffrant de schizophrénie ou trouble associé.

La psychoéducation est l’une des premières interventions que j’ai pu observer sur le terrain en psychiatrie.  J’ai pu voir à quel point cette intervention était précieuse. Aujourd’hui, la psychoéducation fait partie intégrante de ma pratique, je l’utilise pratiquement dans toutes mes prises en charge (schizophrénie, trouble bipolaire, trouble de personnalité, TCA, TSPT…).

Pour faire de la psychoéducation, il faut être familier avec la méthode, mais dans les faits, cela peut laisser un espace créatif qui est plutôt intéressant de mon point de vue. Il existe maintenant plusieurs supports sur lesquels nous pouvons nous appuyer (fiche, vidéos, podcasts, articles, photos, livres…). Et puis si vous ne trouvez rien concernant la problématique de votre patient, vous pouvez aussi créer un support en faisant des recherches. Je me souviens avoir potassé les probabilités d’accident d’avion, comment s’explique une turbulence, afin de pouvoir l’expliquer par la suite à mon patient pour faire baisser la tension émotionnelle associée.

La psychoéducation c’est aidé le patient à comprendre ce qu’il se passe en lui et comment il peut agir dessus au quotidien. Et ça, c’est très précieux. Il faut cependant, bien sélectionner les informations que vous voulez transmettre au patient, il faut qu’elles soient pertinentes pour sa compréhension de sa problématique. Adaptez votre langage afin que le patient s’approprie des connaissances qui lui parleront, il ne s’agit pas ici de rééduquer, mais de transmettre afin que le patient puisse s’en saisir dans son quotidien.

Garder en tête que faire de la psychoéducation peut être éprouvant pour la personne que vous aurez en face de vous, n’oubliez pas d’être clinicien avant tout et de proposer cette intervention quand vous sentez que c’est le bon moment pour votre patient. Les études montrent que la psychoéducation améliore la conscience des troubles, mais qu’avoir conscience de ses troubles peut parfois induire des symptômes dépressifs. Il faut donc être prudent sur comment vous délivrez l’information et dans quel cadre.

Vous connaissiez la psychoéducation ? Est-ce c’est quelque chose que vous faites ?

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