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Pathomimie

Aujourd’hui je souhaitais vous parler d’un terme qu’on entend peu en psychiatrie et qui pourtant peut avoir toute son importance lorsqu’on est en phase d’évaluation diagnostique.

On dit d’une personne qu’elle a une pathomimie lorsqu’elle celle-ci mime des symptômes ou adopte des comportements qui pourraient faire penser que c’est une personne malade. Les symptômes mimés peuvent être très convaincants et aigus ce qui peut rendre difficile le diagnostic, car pour l’équipe qui prend en charge le patient, il ne semble pas y avoir de motivations externes évidentes. Dans les anciennes classifications, on appelait ce trouble : le syndrome de Münchhausen.

Les patients pathomimes sont davantage présents en médecine somatique, mais il peut arriver que l’on en retrouve également en psychiatrie ; ce qui est beaucoup plus délicat à identifier, car contrairement à la médecine somatique nous ne pouvons pas effectuer des examens (IRM, Scanner, prise de sang etc…) pour prouver qu’il n’y a pas de pathologie. De plus, on imagine très bien que malgré le mime de symptômes psychiatriques, ces patients sont en souffrance et peuvent donc avoir des symptômes authentiques parmi les symptômes falsifiés.

Il existe cependant des indices qui peuvent nous mettre sur la voie : symptômes contradictoires, anamnèse peu claire, changement de version, réponse inattendue au traitement…

Attention cependant, la pathomimie est différente de la simulation. Dans la simulation, le patient simule volontairement avec un objectif en tête, un bénéfice secondaire qu’il aurait à mimer un symptôme. Par exemple, simuler un mal de ventre pour ne pas aller à l’école. Dans la pathomimie c’est plus complexe, il ne s’agit pas d’imiter seulement un symptôme, mais également de s’infliger des blessures et d’avoir des gestes auto-agressifs afin d’induire les symptômes, pour se rendre malade.

D’où ça vient ?

Selon la littérature, les personnes souffrant de pathomimie aurait des traits de personnalités pathologiques pouvant appartenir à la personnalité antisociale, histrionique ou borderline. Il y aurait également eu dans l’enfance des expériences marquantes avec le soin médical qui aurait pu être gratifiantes pour la personne.

Les motivations des patients pathomimes sont peu évidentes, mais on peut dire que leur but est de  mobiliser l’intérêt de l’équipe médicale, de créer une sorte de chasse au trésor, dont seul le patient pourrait détenir la solution ; d’entretenir une relation privilégiée avec l’équipe en charge du patient. Ce sont des patients qui peuvent avoir un langage très psychiatrisés et qui ont de bonnes connaissances en sémiologie médicale de façon générale.

Exemple clinique

J’ai pu rencontrer un.e patient.e en psychiatrie jeune adulte. Suite à la recrudescence des informations autour de la psychiatrie sur les réseaux sociaux, certains jeunes arrivent en hospitalisation avec un diagnostic tout fait ou en mimant des symptômes de façon très explicites. C’est très compliqué pour l’équipe de décoller le patient de ce fonctionnement et il faut creuser énormément pour voir ce qu’il se cache derrière. Ce sont des patients en très grande souffrance et le but du clinicien et de percer cette carapace avec bienveillance pour pouvoir travailler ce qui se cache tout en dessous de cette couche de symptômes falsifiés.

Le but n’est pas de « punir » le patient ou de le confronter à son fonctionnement, ni de le faire culpabiliser. Il faut davantage présenter ce diagnostic au patient comme un appel à l’aide face à une souffrance qui existe bel et bien.

Vous connaissiez ce terme ?

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