Pathologies et soins

Trouble schizoaffectif

Lorsqu’on pense à la psychiatrie, bien souvent encore nous voyons les choses de façon catégorielle. Hors, de plus en plus, nous nous dirigeons vers une approche plus dimensionnelle, voir un continuum pour certaines pathologies.

Un exemple qui illustre parfaitement ce continuum, est le trouble schizoaffectif. C’est un trouble qui fait partie de la famille des troubles schizophréniques. Comme pour la plupart des troubles psychiatriques, le trouble schizoaffectif apparaît souvent à la fin de l’adolescence et au début de l’age adulte. Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de l’apparition de ce trouble :

  • Des facteurs biologiques : une vulnérabilité génétique au stress
  • Des facteurs psycho-sociaux : des événements de vie stressants répétés dans le temps qui viennent perturber cette vulnérabilité (humiliations répétées, traumatismes, migration etc…)
  • Consommation de toxiques : la consommation de toxiques types drogues dures, cannabis, alcool peuvent être des facteurs qui vont venir précipiter l’émergence de la pathologie.

Au vu des symptômes que la personne peut présenter ; le diagnostic de trouble schizoaffectif n’est pas simple à réaliser et nécessite une expertise sur le sujet. Il doit être réalisé par un médecin psychiatre.

Symptomatologie

Une personne qui souffre de trouble schizoaffectif va cumuler deux sortes de familles de symptômes :

A la fois les symptômes positifs de la schizophrénie : hallucinations, idées délirantes, désorganisation (pensée, comportement, discours), symptômes négatifs ; mais aussi des troubles de l’humeur comme la manie, l’hypomanie ou la dépression.

Ces deux familles de symptômes sont très entremêlés. C’est à dire que les symptômes psychotiques du patients seront congruents (en rapport) à son humeur. Contrairement à un patient qui souffre de trouble bipolaire, une personne souffrant de trouble schizoaffectif, verra les symptômes psychotiques perdurer même si l’humeur se stabilise. Voici deux schémas qui pourront vous expliquer la différence entre les deux troubles:

Dans le trouble bipolaire, on estime qu’environ 50% des patients auront des symptômes psychotiques durant un épisode maniaque. Une fois l’humeur stabilisée entre les épisodes, les symptômes psychotiques s’arrêtent. La période intercritique (entre les épisodes) est généralement stable et le patient retrouve un fonctionnement habituel.

Dans le trouble schizoaffectif, les symptômes psychotiques vont perdurer au delà des épisodes thymiques. C’est à dire qu’entre les épisodes de haut et de bas, la personne ne fonctionne pas de façon optimale et peut continuer d’avoir des symptômes négatifs : déficit au niveau de la motivation, désintérêt pour les autres, apragmatisme… et des symptômes positifs : désorganisation, hallucinations, idées délirantes…

Prise en charge

Comme d’autres troubles, le trouble schizoaffectif peut être extrêmement invalidant pour le patient qui en souffre au quotidien. Des prises en charge médicamenteuse, psychothérapeutique et de réhabilitation psychosociale sont importantes à mettre en place pour une prise en charge optimale.

Étant donné que je ne suis pas médecin, je ne développerais pas la partie sur les traitements médicamenteux, je laisse le soin à mes collègues de le faire.

En psychothérapie cependant, les thérapies comportementales et cognitives (TCC) sont intéressantes pour travailler sur la régulation émotionnelle, la gestion des hallucinations, la psychoéducation, afin que les patients comprennent bien leur fonctionnement et comment se manifeste leur trouble.

En réhabilitation psychosociale, ce qui peut être intéressant est la remédiation cognitive sur certains symptômes qui invalident le quotidien de la personne. Il s’agit, à l’aide d’exercices de faire travailler le patient sur des compétences qui peuvent être déficitaires dans le trouble (planification, attention, mémoire, vitesse de traitement de l’information…).

Il existe également des programmes centrés sur les habiletés sociales comme le programme SCIT (Social Cognition and Interaction Training) ou pour travailler l’adhésion aux idées délirante avec le programme Mickael’s Game.

Vous connaissiez ce trouble ? Connaissiez vous la différence avec le trouble bipolaire et la schizophrénie ?

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